Les Verticales de l’Été 2025 – Épisode 26 | Mars, île de l’oubli

Il y a des jours où l’on aimerait croire encore aux promesses de la science-fiction. S’échapper. Tout recommencer ailleurs. Pourquoi pas sur Mars, tiens. Certains y songent sérieusement. Les plus riches surtout. Elon Musk et ses semblables nourrissent cette idée : fuir une Terre devenue invivable pour reconstruire… quoi, exactement ? Un bunker climatisé à 200 millions de kilomètres d’ici ?

Dans ce vlog, j’ouvre avec une tonalité volontairement décalée, presque cinématographique : « Hello, come with me… » Mais très vite, le décor s’effondre. Mars, c’est la poussière, le froid, l’absence d’air. Tatooine passerait pour une station balnéaire à côté.

Ce fantasme interplanétaire, c’est l’équivalent moderne du culte de l’homme-oiseau sur l’île de Pâques : un mythe qu’on se raconte pour échapper à l’effondrement qu’on a provoqué. À l’époque, les Pascuans avaient détruit leur écosystème. Nous, nous faisons de même – à l’échelle planétaire. Et nous créons nos propres fictions pour nous donner bonne conscience.

Il faut dire que la conquête spatiale a changé de mains. Les États, surendettés, ont passé le relais. Désormais, l’espace doit être rentable. Il n’est plus question d’exploration humaine. Trop coûteux. Trop risqué. Ce sont les robots qui voyageront à notre place. Et Mars ne sera pas colonisée : elle sera monétisée.

Ce 26e épisode s’inscrit dans la continuité des précédents : il prolonge la réflexion sur le refus collectif d’affronter la réalité. Après la guerre cognitive, la désinformation, le transhumanisme, voici venu le temps de la fuite géographique. On rêve d’ailleurs pour mieux fuir ici. Mars devient le dernier délire d’un monde qui préfère fantasmer une nouvelle planète plutôt que de soigner la sienne.

Mais cette fuite est une impasse. Car il ne reste qu’ici.

Merci pour votre écoute.