Dans un long entretien accordé à la chaîne Antithèse, Fabrice Epelboin relie des sujets que l’actualité nous présente généralement séparément : interdiction des réseaux sociaux aux mineurs, identité numérique, euro numérique, modération des plateformes, intelligence artificielle, souveraineté énergétique, Palantir, crise des médias et affaire Epstein.
À première vue, l’ensemble pourrait ressembler à un inventaire un peu vertigineux des inquiétudes contemporaines. Pourtant, un fil rouge se dégage : nous ne serions plus seulement dans une société qui collecte des informations sur les individus, mais au seuil d’un système capable de conditionner leurs accès, leurs paiements, leur visibilité et, demain peut-être, une partie de leurs droits.
Autrement dit, la surveillance observe. Le contrôle, lui, autorise ou interdit.
L’intérêt de cet entretien ne réside donc pas dans l’adhésion à chacune des affirmations de Fabrice Epelboin. Certaines sont solidement documentées, d’autres relèvent de son interprétation géopolitique, quelques-unes demanderaient une enquête indépendante beaucoup plus poussée. Sa force est ailleurs : il fait apparaître l’architecture générale d’un monde numérique que nous continuons trop souvent à regarder morceau par morceau.
Quand des outils séparés commencent à former un système
La surveillance numérique n’est pas nouvelle. Les plateformes publicitaires observent nos comportements depuis des années afin de deviner nos goûts, nos déplacements, nos achats ou nos intentions. Les États disposent eux aussi de capacités de renseignement, de fichage et d’interception qui ont largement précédé l’arrivée des réseaux sociaux.
Selon Fabrice Epelboin, le changement de nature intervient lorsque plusieurs infrastructures commencent à converger : identité numérique, vérification de l’âge, portefeuille électronique, monnaie de banque centrale, modération algorithmique, intelligence artificielle et bases de données administratives.
Pris séparément, chacun de ces outils peut répondre à un besoin légitime. Protéger les mineurs, simplifier une démarche administrative, sécuriser un paiement, lutter contre une fraude ou empêcher une campagne de manipulation ne sont pas des objectifs scandaleux. Le problème apparaît lorsque la même infrastructure permet d’identifier une personne, d’interpréter son comportement, puis de modifier ses possibilités d’action.
Le contrôle n’arrive d’ailleurs presque jamais en uniforme, avec tambours et miradors. Il arrive sous la forme d’un service pratique, d’une case à cocher et d’un bouton « Continuer ».
La question n’est donc pas seulement de savoir si chaque dispositif possède une utilité. Elle consiste à comprendre ce qu’ils peuvent produire une fois reliés entre eux, qui gouverne cette connexion et quels recours restent accessibles au citoyen.
Protéger les mineurs sans identifier toute la population
L’entretien revient longuement sur la proposition de loi portée par Laure Miller, qui souhaitait interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a censuré cette interdiction générale. Il a reconnu les risques auxquels certaines plateformes exposent les jeunes — addiction, isolement, pornographie, harcèlement ou fraude — mais considéré que le dispositif portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression, à la liberté de communication et à la vie privée.
Cette décision ne signifie pas que le problème de l’exposition des mineurs serait imaginaire. Elle rappelle qu’un objectif protecteur ne dispense pas le législateur de concevoir une mesure proportionnée, adaptée aux risques propres à chaque service et respectueuse des libertés fondamentales.
Fabrice Epelboin déplace alors la discussion. Pour vérifier qu’un utilisateur a plus de 15 ans, il faut mettre en place une procédure de contrôle de l’âge. Or, si cette vérification repose sur l’identité civile, ce ne sont plus seulement les mineurs qui sont concernés : tous les utilisateurs doivent potentiellement prouver qui ils sont, ou au moins transmettre une information certifiée à un intermédiaire.
Son inquiétude porte autant sur les fuites de données que sur le changement d’échelle politique. Une infrastructure initialement créée pour protéger les enfants pourrait, si elle était mal conçue ou progressivement détournée de sa finalité, faciliter l’association entre une identité réelle, un compte en ligne et des opinions politiques.
Epelboin propose une autre approche : imposer sur les appareils vendus un contrôle parental protecteur activé par défaut, puis permettre à l’adulte de le déverrouiller sans divulguer son identité complète. Les parents reprendraient ensuite la main sur les horaires, les applications et les services accessibles à leurs enfants.
Cette proposition s’appuie sur des mécanismes cryptographiques de divulgation sélective : prouver que l’on dépasse un seuil d’âge sans communiquer sa date de naissance, son nom ou son adresse. Le manuel européen consacré à la vérification de l’âge dans le futur portefeuille d’identité numérique prévoit précisément ce principe de minimisation des informations transmises.
La technique peut donc éviter une partie du fichage. Mais elle ne résout pas tout. Il reste à savoir qui développe le dispositif, qui certifie son fonctionnement, quelles traces sont conservées, si le code peut être audité et si un usage sans identification demeure possible. Une serrure très sophistiquée reste une serrure ; tout dépend de celui qui tient les clés.
Identité numérique et euro numérique : le cœur du désaccord
Pour Fabrice Epelboin, l’identité numérique constitue la pierre angulaire de la société de contrôle en construction. Elle pourrait devenir le point de jonction entre les activités en ligne, les services publics, la vérification de l’âge et les paiements.
Il associe cette évolution au projet d’euro numérique, qu’il décrit comme une monnaie potentiellement programmable : une somme pourrait, dans cette hypothèse, être limitée à certaines dépenses, rendue non transférable ou assortie d’une date d’expiration. De tels mécanismes existent déjà sous la forme de bons, d’aides fléchées ou de moyens de paiement conditionnels. Leur intégration directe à une monnaie publique changerait cependant radicalement leur portée.
Une précision essentielle s’impose ici. Dans sa conception officielle actuelle, la Banque centrale européenne affirme explicitement que l’euro numérique ne serait pas une monnaie programmable. La BCE ne pourrait donc pas décider où, quand et auprès de qui une unité doit être dépensée. Le système pourrait en revanche permettre des paiements conditionnels, par exemple un règlement effectué uniquement après la livraison d’un bien. Ce n’est pas la même chose.
Par ailleurs, l’euro numérique n’existe pas encore. La BCE poursuit les travaux techniques et indique qu’une émission pourrait intervenir en 2029 si le cadre législatif européen est adopté en 2026.
L’alerte d’Epelboin doit donc être comprise pour ce qu’elle est : non pas la description exacte du projet actuellement annoncé, mais la crainte d’une évolution ultérieure de l’infrastructure. L’histoire des technologies montre qu’un outil dépasse souvent l’usage présenté lors de son lancement. Mais une dérive possible n’est pas une dérive déjà réalisée.
C’est précisément à cet endroit que devrait commencer le débat démocratique : quelles garanties doivent être inscrites dans le droit et dans l’architecture technique pour rendre impossible — pas seulement improbable — le conditionnement politique de la monnaie ? Comment préserver le paiement hors ligne, la confidentialité, l’usage des espèces et la possibilité de vivre sans laisser derrière soi une traînée de données plus bavarde qu’un voisin derrière ses rideaux ?
Désinformation : qui décide de ce qui doit rester visible ?
L’un des passages les plus importants de l’entretien concerne moins la suppression d’un contenu que sa disparition silencieuse.
En juillet 2026, un rapport du Sénat consacré aux « zones grises de l’information » a proposé la création d’un observatoire de la désinformation, présenté comme un pendant de Viginum pour les manipulations d’origine intérieure. En cas de « péril imminent », cet organisme pourrait inciter une plateforme à modifier ses algorithmes ou à invisibiliser un utilisateur considéré comme fautif.
Le document existe, la recommandation aussi. Il ne s’agit donc pas d’une invention complotiste. En revanche, sa traduction concrète, son encadrement juridique et la définition précise du péril restent des enjeux décisifs.
Fabrice Epelboin y voit le risque d’une police administrative de l’opinion. Son raisonnement est simple : un pouvoir créé pour lutter contre une manipulation grave ne sera pas nécessairement utilisé uniquement par des dirigeants dont nous partageons les valeurs. Une démocratie devrait toujours juger un outil de contrainte en imaginant qu’il sera, demain, placé entre les mains de son adversaire politique.
Le Digital Services Act européen reconnaît par ailleurs des « signaleurs de confiance ». Leur rôle officiel consiste à signaler en priorité des contenus potentiellement illégaux ; les plateformes restent responsables de vérifier leur illégalité. Cette présentation est plus limitée que celle qu’en fait parfois Epelboin. Elle n’efface cependant pas la question de la transparence : qui signale, selon quels critères, avec quelles conséquences algorithmiques et quelle possibilité de contestation ?
Le shadow banning est particulièrement problématique parce qu’il ne ressemble pas à une censure classique. Le compte demeure ouvert, la publication existe encore, mais sa circulation se réduit. L’auteur peut difficilement savoir si cette chute provient d’un choix éditorial, d’un changement général de recommandation, d’un signalement, d’une sanction ou du simple désintérêt du public.
Cette opacité rend les accusations individuelles difficiles à établir. Elle rend aussi le pouvoir des plateformes extraordinairement difficile à contrôler. Une sanction visible peut être contestée. Une disparition statistique, elle, se dissout dans le brouillard de l’algorithme.
L’intelligence artificielle n’est pas seulement une menace pour l’emploi
L’entretien devient particulièrement intéressant lorsque Fabrice Epelboin quitte le registre de l’alerte pour parler de sa propre utilisation de l’intelligence artificielle.
Il rappelle d’abord que l’IA ne se réduit pas aux grands modèles de langage. Les moteurs de recommandation, les systèmes de classement ou la détection automatisée sont utilisés à l’échelle industrielle depuis bien plus longtemps. Les modèles conversationnels ont surtout rendu l’intelligence artificielle visible au grand public en lui donnant une interface familière : le langage.
Epelboin ne décrit pas l’IA comme une conscience humaine enfermée dans un ordinateur. Il parle plutôt d’une forme d’intelligence étrangère, capable de produire des résultats qui ressemblent à ceux d’un raisonnement sans reproduire nécessairement notre manière de penser.
Surtout, il refuse le scénario simpliste d’une substitution mécanique : une machine arrive, un emploi disparaît. Dans certains métiers, l’automatisation réduira effectivement les besoins humains. Dans d’autres, la baisse du coût de production ouvrira des marchés qui n’existaient pas. Un développeur assisté par l’IA peut travailler plus vite, mais produire un système robuste, sécurisé et maintenable exige encore une compréhension globale que quelques lignes de vibe coding ne font pas pousser par magie.
Son propre exemple est parlant. Il explique avoir utilisé l’IA pour élaborer rapidement un projet de texte législatif, travail qui aurait auparavant nécessité la coopération de plusieurs spécialistes pendant des semaines. Cela ne transforme pas le modèle en juriste souverain. L’outil accélère la recherche, la comparaison, la formulation et l’exploration ; l’humain reste responsable du cadre, de la vérification et de la décision.
La question la plus profonde n’est peut-être pas : « Qu’allons-nous déléguer à l’IA ? » Elle est : « Qu’allons-nous choisir de ne pas lui déléguer ? »
Pour un étudiant, l’outil peut devenir un professeur disponible à toute heure ou une machine à contourner l’apprentissage. Pour un journaliste, il peut accélérer la recherche documentaire ou produire avec assurance une synthèse fausse. Pour un citoyen, il peut élargir l’accès au savoir ou renforcer ses biais avec une docilité presque affectueuse.
L’IA récompense la curiosité, mais elle ne dispense ni de méthode ni de contradiction. Elle peut aider à enquêter ; elle ne doit pas devenir un nouvel oracle chargé de remplacer tous ceux dont nous avons cessé de croire les sermons.
Derrière les modèles, il y a des centrales, des puces et de l’eau
Fabrice Epelboin replace ensuite l’intelligence artificielle dans sa matérialité. La compétition ne se joue pas seulement sur la qualité d’un modèle ou l’élégance d’une application. Elle dépend de l’électricité, des semi-conducteurs, des centres de données, des réseaux et de l’eau nécessaire au refroidissement.
Les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie confirment le poids croissant de cette infrastructure. En 2024, les États-Unis représentaient environ 45 % de la consommation électrique mondiale des centres de données, la Chine 25 % et l’Europe 15 %. L’essor de l’IA contribue déjà fortement à la progression de la demande américaine d’électricité.
À partir de là, Epelboin oppose trois trajectoires.
Les États-Unis s’appuient sur des entreprises privées extrêmement capitalisées qui cherchent à dominer les modèles, les infrastructures et une part croissante des fonctions stratégiques. La Chine mise davantage, selon lui, sur la diffusion de modèles ouverts ou accessibles à bas coût afin que l’ensemble de son tissu industriel s’en empare. L’Europe, enfin, réglemente une technologie qu’elle maîtrise peu, dans un espace déjà handicapé par le prix de l’énergie, la dépendance aux acteurs étrangers et l’affaiblissement de sa base industrielle.
Depuis le 2 août 2026, l’essentiel de l’AI Act européen est applicable. Le règlement poursuit des objectifs indispensables : protéger les droits fondamentaux, encadrer les systèmes à haut risque et imposer des responsabilités aux fournisseurs. Epelboin estime néanmoins qu’une couche normative supplémentaire peut affaiblir encore un continent en retard dans la course industrielle.
Les deux lectures ne sont pas incompatibles. Une technologie puissante a besoin de règles. Mais une réglementation sans capacité productive risque de laisser à l’Europe les contraintes, tandis que d’autres conservent les usines, les modèles, l’énergie et les bénéfices. On peut devenir une magnifique réserve naturelle de principes — admirable, certes, mais visitée avec des serveurs américains et des batteries chinoises.
Le manifeste publié par Palantir au printemps 2026 donne à cette compétition une dimension plus brutale. L’intelligence artificielle y apparaît comme l’infrastructure du pouvoir militaire occidental, et les entreprises technologiques comme des acteurs appelés à prendre en charge des missions autrefois réservées aux États. Pour Epelboin, ce texte a au moins le mérite de dire franchement ce que les discours marketing enveloppent habituellement dans du papier de soie : l’IA est aussi une course aux armements.
Médias, affaire Epstein et crise de la confiance
La dernière partie de l’entretien revient sur l’affaire Epstein. Fabrice Epelboin reproche aux médias français d’avoir essentiellement traité la dimension sexuelle et criminelle du dossier, tout en laissant dans l’ombre les réseaux financiers, politiques et diplomatiques qui entouraient Jeffrey Epstein.
Il avance plusieurs rapprochements historiques, notamment avec le marchand d’armes Adnan Khashoggi et les milieux du renseignement pendant la guerre froide. Certaines pièces de ce parcours sont publiques ; les conclusions qu’il en tire sur les réseaux d’influence et les protections dont Epstein aurait bénéficié exigeraient cependant un travail documentaire qui dépasse cet entretien. Il faut donc les considérer comme des pistes d’enquête, non comme un verdict.
Le fond de sa critique vise le fonctionnement médiatique. Selon lui, certaines rédactions ne se contentent plus de sélectionner les informations : elles décideraient aussi de ce que le public serait capable d’entendre sans basculer dans le complotisme. Cette attitude, si elle existe, produit exactement l’effet qu’elle prétend combattre. Lorsqu’une institution évite les questions embarrassantes, elle n’éteint pas les soupçons ; elle leur offre une serre chauffée.
Il serait toutefois trop simple d’en conclure que la presse ne sert plus à rien et que chacun pourrait désormais reconstituer seul la vérité avec un moteur de recherche et un chatbot. L’enquête demande du temps, des sources contradictoires, une connaissance du droit, une protection juridique et la possibilité d’aller interroger des personnes qui préféreraient ne pas répondre. L’intelligence artificielle peut parcourir des milliers de documents ; elle ne transforme pas automatiquement une hypothèse séduisante en fait démontré.
La crise actuelle vient plutôt de la disparition progressive d’un terrain commun. D’un côté, certaines rédactions ont trop souvent confondu information, pédagogie morale et maintien de l’ordre narratif. De l’autre, une partie du public accorde davantage de valeur à une histoire parce qu’elle contredit les médias dominants. Entre les deux, les plateformes récompensent surtout ce qui indigne, effraie ou conforte.
Le résultat n’est pas une société mieux informée. C’est une forêt de récits où chacun reconnaît les arbres qui lui ressemblent et soupçonne les autres d’avoir été plantés par la CIA.
Le véritable enjeu : préserver la possibilité de dire non
Cet entretien ne démontre pas qu’un plan unique organiserait secrètement la transformation numérique de nos sociétés. Il montre quelque chose de plus banal, et peut-être de plus inquiétant : des décisions prises séparément peuvent finir par composer une architecture de contrôle sans qu’aucun architecte unique n’en ait dessiné le plan.
Une loi veut protéger les enfants. Un règlement veut limiter la désinformation. Une identité numérique veut simplifier les démarches. Une monnaie électronique veut moderniser les paiements. Une intelligence artificielle veut améliorer la productivité. Une entreprise privée veut sécuriser l’État. Chaque justification peut être raisonnable. Leur convergence peut l’être beaucoup moins.
La bonne réponse n’est ni le rejet de toute technologie ni la confiance aveugle dans les institutions qui la déploient. Elle tient dans quelques principes concrets : minimisation des données, code auditable, contrôle indépendant, transparence des décisions algorithmiques, droit au recours, maintien d’alternatives hors ligne, protection des paiements anonymes, séparation stricte des bases de données et interdiction juridique des usages incompatibles avec les libertés fondamentales.
Une démocratie ne se mesure pas seulement au droit de voter. Elle se mesure aussi à la possibilité de rester discret, de contester une décision, de publier une opinion minoritaire, de payer sans être profilé et de refuser un dispositif sans être progressivement exclu de la vie sociale.
Fabrice Epelboin force parfois le trait, mêle volontiers l’analyse, la colère et la provocation. Mais la question qu’il pose mérite mieux qu’un haussement d’épaules : que restera-t-il de notre liberté lorsque l’identité, l’information, la monnaie et l’accès aux services passeront par les mêmes infrastructures numériques ?
La société de contrôle n’est peut-être pas encore là. C’est justement maintenant qu’il faut décider comment l’empêcher de devenir notre prochaine mise à jour obligatoire.
Sources et repères documentaires
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026
- Sénat, Les zones grises de l’information. Mieux réguler pour protéger la démocratie, 8 juillet 2026
- Commission européenne, « Trusted flaggers under the Digital Services Act »
- Commission européenne, manuel de vérification de l’âge du portefeuille européen d’identité numérique
- Banque centrale européenne, foire aux questions sur l’euro numérique
- Banque centrale européenne, état d’avancement du projet d’euro numérique
- EUR-Lex, règlement européen sur l’intelligence artificielle
- Agence internationale de l’énergie, Energy and AI
