Dans cet épisode, je décrypte la gnose et le gnosticisme : origines, courants majeurs, influences historiques et héritages contemporains. Une invitation à penser par soi-même, loin de tout dogme.
Résumé des épisodes précédents
Depuis le début des Verticales de l’été, nous avons exploré l’histoire, la spiritualité, la politique et les marges de la pensée dominante. Des cathares à l’IA, en passant par l’art et la mémoire, chaque épisode cherche à comprendre notre monde, à débusquer ses vérités cachées et à ouvrir des pistes pour penser autrement.
Article
Qu’est-ce que la gnose ?
Le mot « gnose » vient du grec gnosis, signifiant connaissance.
Mais ici, il ne s’agit pas de savoir académique : la gnose est une philosophie de vie, une quête intérieure de vérité et de sagesse, où l’expérience personnelle prime sur tout dogme.
Les adeptes – parfois appelés « sans roi » – rejettent toute autorité imposée, qu’elle soit politique ou religieuse, et cherchent la reconnexion de l’âme avec le divin par la connaissance directe.
Deux grands courants
- La gnose classique : l’âme est en croissance, appelée à s’élever vers la lumière à travers des réincarnations successives.
- Le gnosticisme dualiste : le monde matériel est une prison pour l’âme. Un Dieu de lumière et un démiurge mauvais s’opposent. La libération passe par la connaissance et la transcendance de la matière.
Racines historiques
Les origines se perdent dans la nuit des temps :
- Zoroastrisme : lutte entre bien et mal.
- Kabbale : quête ésotérique au sein du judaïsme.
- Christianisme primitif : courants dits hérétiques privilégiant une compréhension personnelle du divin.
Au Moyen Âge, la gnose culmine avec le catharisme dans le sud de la France, prônant l’égalité des sexes et la capacité des femmes à atteindre l’illumination – un défi direct à l’Église catholique patriarcale, qui répondra par la croisade des Albigeois et l’Inquisition.
Un retour au XXᵉ siècle
La redécouverte des manuscrits de Nag Hammadi révèle des textes gnostiques exclus du canon chrétien.
Aujourd’hui, la gnose inspire le New Age, le soufisme, le néodruidisme, la franc-maçonnerie, la Rose-Croix… mais aussi des œuvres de fiction comme L’Alchimiste ou Interstellar.
Une voie ouverte… et trois visages
La gnose n’est ni une religion, ni un dogme : c’est un chemin de connaissance, un art de vivre dans la quête de l’élévation.
Mais il existe aussi la gnose négative, où la connaissance est détournée à des fins égoïstes ou destructrices – rappel que l’intention et l’éthique sont essentielles.
Conclusion
Refusez tous les dogmes – religieux ou politiques. Pensez par vous-même.
C’est le message intemporel des sans roi : se forger sa propre opinion et avancer vers la lumière par la connaissance.