Depuis l’automne 2023, j’ai entamé cette aventure des Verticales de l’Été, une série hebdomadaire tournée depuis la forêt, comme un journal de bord lucide et libre. J’y ai exprimé mes colères, mes doutes, mes espoirs. J’ai parlé de guerre, d’intelligence artificielle, de mémoire collective, de spiritualité, de manipulation, de solitude, de fatigue, d’humour noir aussi. J’ai proposé des récits documentés, des fictions, des farces et des cris. Des épisodes marquants comme le #5 sur les guerres orchestrées, le #10 avec la marionnette Jean Vilain, ou encore le #21 où j’ai affirmé que tout cela était une fiction assumée ont posé les fondations d’une ligne éditoriale radicale mais évolutive.
Petit à petit, j’ai changé. J’ai pris du recul. J’ai ressenti le besoin de me regarder dans le miroir. Et c’est ce que je fais aujourd’hui.
Message à mes amis complotistes
Bonjour à tous. Aujourd’hui, j’ai un message particulier pour celles et ceux avec qui j’ai partagé tant d’intuitions, de soupçons, d’insomnies… mes amis complotistes.
Je voudrais proposer ici une auto-critique du complotisme, par un complotiste.
Avant tout, que les choses soient claires :
- Je n’ai jamais été injecté.
- J’ai été banni de Facebook un nombre incalculable de fois.
- J’ai écouté Raoult, Jean-Dominique Michel, Louis Fouché.
- Et, oui, je fais partie de ceux qui ont résisté dès le début, sans concession.
- Mon fait d’armes personnel : pas un seul bâton dans le nez durant toute cette période.
Cette époque, aussi sombre qu’elle fût, m’a aussi fait du bien. Elle m’a offert une communauté, une chaleur inattendue dans les temps glacés de la discrimination et de l’insulte médiatique.
À ce moment-là, peu importait que nous soyons de droite ou de gauche : on se soutenait. Mais rétrospectivement… quelle naïveté.
Nous avons changé. Et pas toujours en bien.
Je le dis sans détour : je ne reconnais plus cette communauté à laquelle j’ai appartenu.
Aujourd’hui, je vous vois, vous qui parliez de paix et de vérité, utiliser les mêmes armes que ceux que vous combattiez.
La peur.
L’hostilité.
La paranoïa.
Certains en viennent même à invoquer Lucifer pour justifier leurs visions… sans rire ? Là, je décroche.
La logique de discrimination, elle aussi, a changé de camp. Je vous entends rejeter, diviser, stigmatiser. Comme si les souffrances qu’on nous avait infligées nous autorisaient à infliger les mêmes aux autres.
Et vous ne voyez pas que le monde a déjà changé sans vous attendre.
Le transhumanisme, déjà là
Qu’on le veuille ou non, le transhumanisme est parmi nous.
Je ne le cautionne pas. Je ne le comprends pas toujours. Ces histoires de « je suis autre chose que ce que je suis », franchement, m’échappent. Mais elles existent. Et surtout, elles s’imposent.
Nous n’avons pas le choix : il faudra vivre ensemble. Il n’y a pas d’alternative. Si l’humanité choisit cette voie, aucune force ne l’arrêtera.
Pas plus qu’un Neandertalien ne pouvait stopper la marche des Sapiens.
L’ancien monde est mort
Je crois qu’il est temps de faire le deuil de l’ancien monde.
Nous avons déjà signé un pacte homme-machine, collectivement.
La monnaie numérique.
La surveillance de masse.
Le revenu universel.
La raréfaction des ressources.
La géopolitique fragmentée en blocs.
Les frontières abolies.
Peut-être même un gouvernement planétaire.
C’est peut-être ça, notre Histoire.
Mais ce n’est pas forcément nos vies.
Nos vies : insignifiantes ou grandioses ?
Nos vies ne sont pas définies par ces grands récits.
Elles sont ce que nous en faisons. Elles sont spectacle, comme l’avait dit Guy Debord.
Je souffre. Je le montre. Puis j’oublie.
Je tourne une vidéo. Puis je passe à la suivante.
Et le complotisme est devenu, lui aussi, un élément du spectacle.
C’est pour ça que je m’en éloigne.
Ce que je ne veux plus être
Je ne veux plus des réunions d’anciens combattants.
Je ne veux plus des postures figées, paranoïaques, rigides.
Je veux rester libre. Libre de douter, libre de penser, libre d’évoluer.
Car pendant que nous ressassons le passé, une révolution silencieuse s’accomplit : celle de l’intelligence artificielle.
Et l’IA, elle, ne discute pas. Elle avance. Elle transforme nos métiers, nos liens, notre perception du monde. Elle propose de nouveaux territoires mentaux à conquérir.
L’Internet comme nouveau continent
Les internautes d’aujourd’hui sont des migrants numériques.
Nous errons, sans carte, dans un Far West technologique.
Et plutôt que de lutter contre le vent, il faudrait peut-être aborder ce continent avec l’espérance d’un migrant. Avec humilité. Avec prudence. Mais sans peur.
Conclusion : la dose fait le poison
Oui, les complotistes sont devenus paranoïaques.
Mais peu importe : le message est passé.
Il s’est diffusé. Il s’est implanté.
Il est irréversible.
Les apparences sont trompeuses.
L’homme est un paradoxe.
Et moi, je continue.