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Les Anciens savaient quelque chose que nous avons oublié – Laurent Schwartz

Et si notre médecine souffrait moins d’un manque de technologie que d’une mauvaise compréhension du vivant ? Dans son nouveau livre Choisir la vie, le cancérologue Laurent Schwartz propose de relier cancer, métabolisme, physique, information, conscience et même organisation de nos sociétés. Une hypothèse vertigineuse qui nous ramène à une question beaucoup plus ancienne : avons-nous confondu ce que nous savons mesurer avec la totalité du réel ?

Il existe des entretiens dont l’intérêt réside moins dans les réponses apportées que dans les portes qu’ils ouvrent.

Celui accordé par le cancérologue Laurent Schwartz au journaliste Henri-Michel Thalamy appartient incontestablement à cette catégorie.

À l’occasion de la publication de son livre Choisir la vie : repenser le vivant pour sortir de la crise et retrouver du sens, aux éditions Thierry Souccar, le médecin développe une pensée qui déborde très rapidement du cadre de l’oncologie.

Cancer, origine de la vie, métabolisme, électrons, eau, mémoire, conscience, physique quantique, âme, mort, entropie sociale…

Tout semble se rejoindre autour d’une même intuition : nous avons peut-être construit notre compréhension du vivant à partir d’un paradigme devenu trop étroit.

Et pour Laurent Schwartz, il serait désormais nécessaire de « renverser la table ».

Pas pour abandonner la science.

Mais, au contraire, pour recommencer à faire ce qu’elle devrait toujours faire : observer les anomalies, reconnaître ce que l’on ne comprend pas et poser les questions que les modèles dominants ont parfois cessé de poser.

Une médecine extraordinairement technique… mais comprend-elle vraiment la maladie ?

Laurent Schwartz part d’un paradoxe.

La médecine contemporaine dispose d’outils dont les générations précédentes auraient difficilement pu rêver : scanners, IRM, chirurgie robotisée, cardiologie interventionnelle, biologie moléculaire, séquençage génétique, traitements ciblés…

La puissance technique est incontestable.

Mais pour Schwartz, cette sophistication ne doit pas masquer une question plus dérangeante : comprenons-nous réellement beaucoup mieux les mécanismes fondamentaux des grandes maladies chroniques ?

Son jugement est sévère, parfois volontairement provocateur.

Cancer métastatique, maladies neurodégénératives, maladies psychiatriques : le médecin estime que les progrès thérapeutiques restent en décalage avec les investissements considérables consentis depuis plusieurs décennies.

On pourra discuter cette affirmation — certaines avancées thérapeutiques ont indéniablement changé le pronostic de plusieurs maladies — mais sa critique porte surtout ailleurs.

Pour lui, nous améliorons sans cesse la mécanique d’une médecine dont le moteur conceptuel reste largement hérité des XIXe et XXe siècles.

Autrement dit : nous perfectionnons la carte sans nous demander si le territoire est correctement représenté.

« À un moment, il faut retourner au tableau noir. »

C’est probablement la phrase qui résume le mieux sa démarche.

Le cancer comme porte d’entrée vers une autre compréhension du vivant

Toute la réflexion de Schwartz commence avec le cancer.

Et avec une proposition apparemment paradoxale : une tumeur est aussi une formidable manifestation de vie.

Les cellules prolifèrent. Elles se multiplient. Elles colonisent de nouveaux territoires. Elles fabriquent de la matière biologique.

Le cancer détruit l’organisme, mais la tumeur elle-même manifeste une activité biologique extrêmement intense.

Pour comprendre cette prolifération, Schwartz reprend notamment les travaux du physiologiste allemand Otto Warburg, prix Nobel de médecine en 1931.

Warburg avait observé dès les années 1920 que de nombreuses cellules cancéreuses consomment énormément de glucose et produisent du lactate même lorsque de l’oxygène est disponible : c’est ce que l’on appelle aujourd’hui l’effet Warburg.

Un siècle plus tard, loin d’avoir disparu, le métabolisme tumoral constitue un domaine majeur de la recherche en cancérologie. Les travaux contemporains confirment que les cellules cancéreuses reprogramment profondément l’utilisation du glucose, des lipides et des acides aminés afin de soutenir leur croissance.

→ Consulter une synthèse scientifique sur le métabolisme tumoral

Sur ce point, Schwartz ne travaille donc pas dans un désert scientifique.

Là où sa proposition devient beaucoup plus radicale, c’est lorsqu’il estime que cette dimension métabolique pourrait constituer la clé unificatrice du cancer, voire d’un ensemble beaucoup plus vaste de maladies.

Derrière le métabolisme : les électrons

Pour Schwartz, il faut descendre encore d’un étage.

Sous les organes : les cellules.

Sous les cellules : les réactions biochimiques.

Et sous ces réactions : les transferts d’électrons.

La vie est en permanence traversée par des phénomènes d’oxydoréduction. Nos mitochondries utilisent des chaînes de transport électronique pour transformer l’énergie contenue dans les nutriments.

Schwartz propose donc de regarder la maladie non seulement comme un dérèglement génétique ou biochimique, mais comme une perturbation des flux électroniques.

C’est dans cette perspective qu’il travaille depuis plusieurs années sur différentes molécules susceptibles de modifier le métabolisme cellulaire.

Des expériences menées avec l’acide alpha-lipoïque et l’hydroxycitrate ont notamment produit des résultats intéressants sur différents modèles tumoraux expérimentaux.

→ Étude référencée sur PubMed

Schwartz s’est également intéressé au bleu de méthylène, molécule ancienne capable d’intervenir dans des réactions d’oxydoréduction. Des travaux expérimentaux auxquels il a participé montrent notamment qu’une association de bleu de méthylène et d’acide lipoïque peut modifier le fonctionnement mitochondrial de cellules en culture.

→ Étude sur le bleu de méthylène et le métabolisme mitochondrial

Mais une distinction essentielle doit être conservée.

Des résultats cellulaires ou animaux prometteurs ne constituent pas la démonstration d’un traitement efficace du cancer chez l’être humain.

Cela vaut également pour l’ivermectine, régulièrement évoquée aujourd’hui sur Internet : des effets anticancéreux ont été observés expérimentalement, mais les données cliniques disponibles ne permettent pas actuellement d’en faire un traitement oncologique validé.

L’enjeu scientifique est donc considérable : tester sérieusement les hypothèses plutôt que les adorer ou les excommunier.

Car une science qui refuse une hypothèse parce qu’elle dérange n’est plus vraiment scientifique.

Mais une hypothèse séduisante que l’on transforme trop vite en certitude ne l’est pas davantage.

Et si le cancer nous racontait l’origine de la vie ?

C’est ici que la réflexion prend une dimension presque cosmologique.

Pour Laurent Schwartz, le mécanisme permettant aux cellules tumorales de fabriquer de grandes quantités de matière pourrait présenter des ressemblances avec les processus ayant permis l’apparition des premières formes du vivant.

Il s’intéresse notamment aux environnements hydrothermaux primitifs, riches en gradients chimiques et électroniques.

Son idée peut être résumée simplement : la vie apparaît lorsque matière, eau et flux d’énergie parviennent à s’organiser.

Le cancer serait alors, d’une certaine manière, une réactivation pathologique de mécanismes très anciens de construction du vivant.

Schwartz aime rappeler cette formule du prix Nobel Albert Szent-Györgyi :

« La vie n’est rien d’autre qu’un électron qui cherche un endroit où se reposer. »

L’image est magnifique.

Et derrière la poésie apparaît une idée plus profonde : peut-être faut-il cesser de considérer l’être vivant comme un assemblage statique de matière.

Un organisme est avant tout un flux.

Flux d’énergie.

Flux de matière.

Flux d’électrons.

Flux d’informations.

Nous ressemblons finalement davantage à une rivière qu’à une statue.

Les Anciens parlaient-ils déjà de ces flux ?

C’est ici que l’entretien prend un détour particulièrement intéressant.

Henri-Michel Thalamy rapproche cette conception des médecines traditionnelles, notamment chinoise et ayurvédique, qui décrivent depuis des siècles la maladie comme un déséquilibre dans la circulation des énergies.

Laurent Schwartz ne rejette pas le parallèle.

Il rappelle au contraire une évidence dont notre époque souffre parfois : nous avons tendance à croire que toute idée commence avec nous.

Les civilisations anciennes ne parlaient évidemment ni de mitochondries ni de potentiel redox.

Le Qi chinois n’est pas scientifiquement synonyme d’électron, pas plus que le prana indien ne constitue une traduction précoce de la physique quantique.

Faire cette équivalence serait beaucoup trop facile.

Mais l’intuition générale mérite peut-être davantage d’attention.

Les médecines anciennes regardaient souvent le vivant non comme un ensemble de pièces séparées, mais comme un équilibre dynamique de relations et de circulations.

La médecine moderne a gagné une puissance extraordinaire en découpant le réel.

Elle a identifié les organes, puis les cellules, puis les molécules, puis les gènes.

Mais à force de zoomer, peut-être avons-nous parfois oublié de dézoomer.

Une forêt n’est pas seulement une collection d’arbres.

Et un être humain n’est peut-être pas seulement la somme de ses molécules.

Ces cerveaux presque absents qui continuent de penser

Pour sortir d’un paradigme, explique Schwartz, il faut rechercher les phénomènes que celui-ci explique mal.

Il cite ainsi plusieurs cas d’hydrocéphalie sévère.

Un cas publié dans The Lancet en 2007 est particulièrement spectaculaire : un Français de 44 ans, fonctionnaire, marié et père de deux enfants, présentait une dilatation considérable des ventricules cérébraux et une quantité de tissu cérébral fortement réduite. Son QI mesuré était de 75, mais il menait une vie largement fonctionnelle.

→ Lire le cas publié dans The Lancet

Ce cas ne signifie évidemment pas qu’un cerveau serait inutile.

Il témoigne probablement d’abord d’une extraordinaire plasticité cérébrale, rendue possible par le développement très progressif de l’hydrocéphalie.

Mais Schwartz pose une question légitime : jusqu’où cette plasticité peut-elle aller ?

Et surtout, comprenons-nous véritablement comment l’information biologique est stockée et organisée ?

Il évoque également une expérience beaucoup plus étrange réalisée sur des planaires, ces petits vers capables de régénérer leur tête.

En 2013, des chercheurs ont montré que des planaires préalablement entraînées conservaient, après décapitation et régénération de leur cerveau, des traces mesurables de l’apprentissage précédent.

→ Étude sur la mémoire des planaires

Encore une fois, cela ne démontre pas l’existence d’une mémoire indépendante du système nerveux.

Mais cela soulève une merveilleuse question :

Où était conservée l’information pendant que la tête n’existait plus ?

Et parfois, une bonne question vaut davantage qu’une mauvaise certitude.

Et si le cerveau n’était pas le seul endroit où se trouve l’information ?

Schwartz pousse alors son raisonnement plus loin.

Notre représentation dominante suppose que mémoire, conscience et personnalité émergent de l’activité cérébrale.

Cette hypothèse dispose évidemment d’arguments extrêmement solides : lésions cérébrales, anesthésie, maladies neurodégénératives, stimulation de certaines régions du cerveau…

Mais la question philosophique de la conscience demeure loin d’être résolue.

C’est le fameux « hard problem of consciousness », formulé par le philosophe David Chalmers : expliquer le fonctionnement d’un cerveau ne suffit pas encore à expliquer pourquoi une activité physique produit une expérience subjective.

Pourquoi existe-t-il quelque chose que cela « fait » d’être soi ?

Pourquoi le rouge est-il vécu comme rouge ?

Pourquoi existe-t-il une intériorité ?

Schwartz envisage alors une hypothèse audacieuse : et si le cerveau n’était pas seulement producteur de conscience, mais aussi récepteur ou organisateur d’une information plus vaste ?

À ce stade, nous quittons clairement le domaine des faits établis.

Et Schwartz lui-même le reconnaît.

Mais c’est précisément là que son livre devient moins un traité médical qu’une invitation philosophique.

La mémoire de l’eau : frontière scientifique ou fausse piste ?

Autre sujet sulfureux : la mémoire de l’eau.

Laurent Schwartz cite Jacques Benveniste, Luc Montagnier et le physicien Marc Henry.

Il envisage l’eau non comme un simple décor liquide dans lequel baigneraient nos molécules, mais comme un élément capable de participer à l’organisation et à la transmission d’informations biologiques.

L’hypothèse est séduisante.

Mais elle reste extrêmement controversée.

Les expériences historiques de Jacques Benveniste sur les hautes dilutions n’ont pas été reproduites de manière convaincante et indépendante.

→ Retour de Nature sur la controverse de la mémoire de l’eau

Schwartz ne prétend d’ailleurs pas disposer ici d’une démonstration.

Il parle d’une vision à explorer.

La nuance est capitale.

Car c’est exactement à cet endroit que se situe la frontière fragile entre science exploratoire et croyance : une idée devient scientifique non parce qu’elle est fascinante, mais parce qu’elle finit par produire des prédictions testables.

Et derrière la matière… l’information ?

Arrive alors l’un des passages les plus vertigineux de l’entretien.

Schwartz évoque le physicien américain John Archibald Wheeler, collaborateur de Niels Bohr et figure majeure de la physique du XXe siècle.

Wheeler avait proposé une formule devenue célèbre :

« It from Bit ».

L’idée, très schématiquement, est que ce que nous appelons réalité physique pourrait être profondément lié à l’information.

Dans ses formulations les plus radicales, Wheeler envisageait un univers dans lequel les propriétés physiques émergent finalement d’actes élémentaires d’information.

Schwartz s’empare de cette intuition pour poser une question beaucoup plus vaste :

Et si l’information ne résultait pas simplement de la matière ?

Et si elle participait au contraire à son organisation ?

Nous avons spontanément l’impression que le réel est constitué d’objets solides.

Une table.

Un corps.

Une pierre.

Un arbre.

Pourtant, lorsque la physique descend dans la matière, cette solidité intuitive disparaît au profit de champs, de particules, de probabilités et d’interactions.

Le monde que perçoivent nos sens n’est donc pas faux.

Mais il n’est peut-être qu’un niveau du réel.

Comme la surface paisible d’un lac ne dit rien des courants qui le traversent en profondeur.

L’âme revient par la porte de la physique

Et inévitablement, le mot finit par apparaître.

L’âme.

Pendant plusieurs siècles, le développement de la science occidentale s’est accompagné d’un mouvement de réduction de l’être humain à sa dimension matérielle.

Ce processus était probablement nécessaire.

Il a permis de remplacer d’innombrables superstitions par des mécanismes observables.

Mais Schwartz pose une question iconoclaste : sommes-nous certains que cette étape constituait l’arrivée plutôt qu’une étape intermédiaire ?

Lorsque nous parlons aujourd’hui d’information, de champs ou de processus non directement accessibles à nos sens, revisitons-nous avec un vocabulaire différent certaines intuitions très anciennes ?

Lui-même demeure prudent.

Lorsqu’il évoque la possibilité d’une conscience survivant à la mort physique, il emploie volontairement le verbe croire, et non savoir.

Il évoque notamment les expériences de mort imminente, mais reconnaît que leur interprétation reste ouverte.

Cette distinction est intellectuellement salutaire.

La science ne prouve aujourd’hui ni l’existence d’une âme indépendante du corps ni sa survie après la mort.

Mais elle n’a pas davantage résolu le mystère de la conscience.

Il reste donc un territoire.

Immense.

Et pratiquement vierge.

Quand le cancer devient une métaphore de notre société

Puis Laurent Schwartz effectue un dernier déplacement.

Du corps vers la civilisation.

Il mobilise le concept d’entropie et compare nos sociétés à une casserole d’eau que l’on chauffe toujours davantage.

Plus on injecte d’énergie, plus l’agitation augmente.

Les molécules commencent à se déplacer rapidement, les structures deviennent instables, de nouveaux tourbillons apparaissent.

Pour Schwartz, quelque chose de comparable se produit dans nos sociétés.

  • Accélération technologique.
  • Flux financiers.
  • Information permanente.
  • Consommation.
  • Mobilité.
  • Réseaux sociaux.
  • Intelligence artificielle.
  • Dislocation des structures familiales et professionnelles.
  • Normes administratives tentant ensuite de compenser cette instabilité croissante.

Nous injectons sans cesse davantage d’énergie dans le système tout en nous étonnant qu’il devienne turbulent.

La comparaison n’est évidemment pas une loi physique démontrant mécaniquement le fonctionnement d’une société.

Mais comme métaphore, elle frappe juste.

Nous sommes peut-être devenus une civilisation en ébullition.

Et lorsqu’une casserole déborde, la réponse la plus sophistiquée n’est pas toujours d’inventer un nouvel algorithme pour calculer la trajectoire des gouttes.

On peut aussi baisser le feu.

Ralentir pour retrouver le vivant

Derrière ses réflexions sur la médecine se dessine finalement une proposition beaucoup plus politique et philosophique.

  • Circuits courts.
  • Protection des sols et de l’eau.
  • Réduction des flux inutiles.
  • Moins de consommation.
  • Moins d’accélération.
  • Davantage de liens.
  • Davantage de sens.

Il ne s’agit pas nécessairement de retourner à un âge d’or qui n’a probablement jamais existé.

Mais de retrouver une forme de tempérance.

Sur ce point encore, Schwartz rejoint étrangement certaines traditions anciennes.

Le Tao ne recommandait pas de maximiser.

Il cherchait l’équilibre.

Aristote parlait de juste mesure.

Les traditions indiennes valorisaient la maîtrise des désirs.

Les sociétés traditionnelles avaient leurs défauts, parfois immenses, mais elles connaissaient une évidence que notre économie semble avoir décidé d’abolir :

Aucun organisme vivant ne peut croître indéfiniment dans un monde fini.

Même les arbres cessent un jour de grandir vers le ciel pour consacrer leur énergie à renforcer leurs racines.

« Voir les incohérences, c’est saisir qu’un autre monde est possible »

C’est peut-être là le véritable intérêt de Laurent Schwartz.

Il serait assez facile de ranger son discours dans l’une des deux boîtes que notre époque affectionne.

D’un côté : le génie incompris qui aurait découvert la clé universelle du vivant.

De l’autre : le médecin hérétique ayant quitté le domaine rassurant de la science pour celui de la spéculation.

Les deux lectures seraient probablement trop simples.

Schwartz avance certaines idées appuyées sur une littérature scientifique bien réelle — notamment concernant le métabolisme tumoral.

Il propose ailleurs des extrapolations encore très discutables.

Et il entre enfin dans des domaines franchement spéculatifs lorsqu’il aborde l’eau, la conscience ou la survie après la mort.

Mais c’est précisément cette exploration des frontières qui rend sa démarche intéressante.

À condition de conserver cette règle élémentaire :

Ne pas confondre ce qui est démontré, ce qui est plausible, ce qui est encore hypothétique et ce que nous aimerions simplement voir être vrai.

Car le matérialisme peut devenir un dogme.

Mais l’antimatérialisme aussi.

La véritable liberté intellectuelle consiste à pouvoir traverser la forêt sans être obligé de choisir à l’avance quels arbres nous avons le droit d’y rencontrer.

Peut-être avions-nous oublié la question essentielle

À la fin de l’entretien, Laurent Schwartz ne demande pas à son auditeur de croire.

Il lui demande quelque chose de beaucoup plus difficile :

se poser des questions.

Qu’est-ce que la vie ?

Où se trouve réellement la mémoire ?

Qu’est-ce que la conscience ?

Pourquoi la matière s’organise-t-elle ?

L’information est-elle seulement produite par le monde physique ou appartient-elle à une couche plus fondamentale de la réalité ?

Que reste-t-il de nous lorsque le corps cesse de fonctionner ?

Et, surtout :

Quelle existence choisissons-nous si nous cessons de considérer l’être humain comme une simple machine biologique destinée à consommer, produire et disparaître ?

Peut-être les Anciens ne connaissaient-ils pas les réponses.

Mais ils avaient au moins compris que ces questions étaient importantes.

Notre civilisation possède des accélérateurs de particules, des intelligences artificielles et des télescopes capables d’observer des galaxies situées à des milliards d’années-lumière.

Et pourtant nous butons toujours sur la même énigme qu’un être humain regardant le ciel il y a plusieurs milliers d’années :

Qu’est-ce que cette chose étrange que nous appelons la vie ?

Ce n’est peut-être pas un échec.

C’est peut-être simplement le commencement.


Voir l’entretien avec Laurent Schwartz

« Les Anciens savaient quelque chose que nous avons oublié » – Laurent Schwartz, entretien avec Henri-Michel Thalamy.

→ Regarder l’entretien sur YouTube

Laurent Schwartz y présente son ouvrage Choisir la vie : repenser le vivant pour sortir de la crise et retrouver du sens, publié aux éditions Thierry Souccar.

→ Fonds de dotation Guérir du cancer


Note : les pistes thérapeutiques expérimentales évoquées dans cet article ne constituent pas des recommandations médicales et ne doivent pas se substituer aux traitements oncologiques validés ni à l’avis d’un médecin.