Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, Thierry Meyssan revient sur l’événement qui a bouleversé sa vie, mais aussi sur ce qu’il considère comme l’un des plus grands exercices de propagande politique de notre époque. Pendant près de deux heures, il reconstitue cette journée, conteste plusieurs éléments du récit officiel et développe une thèse autrement plus vaste : derrière le 11-Septembre se jouerait une transformation du pouvoir américain et, surtout, de notre manière de percevoir le réel.
Et si, vingt-cinq ans après, le véritable héritage du 11-Septembre n’était pas seulement constitué de deux guerres, de milliers de morts ou d’un arsenal sécuritaire devenu permanent ?
Et si l’événement avait également modifié quelque chose de plus intime : notre manière de croire ce que nous voyons ?
C’est probablement là que cette longue intervention de Thierry Meyssan devient la plus intéressante.
Car on peut accepter certaines de ses analyses, en rejeter d’autres, contester ses conclusions ou considérer qu’il franchit parfois un pont alors qu’il manque encore quelques planches : la question qu’il pose demeure.
Comment un événement devient-il un récit ? Et comment ce récit finit-il par devenir notre réalité ?
Le 11-Septembre comme laboratoire de la propagande
Thierry Meyssan annonce très tôt son intention.
Cette émission ne doit pas seulement revenir sur les attentats. Elle inaugure une série consacrée à la propagande : sa naissance, ses mécanismes et la manière de s’en protéger. Le 11-Septembre devient ainsi son premier cas d’étude.
Son idée centrale est assez simple.
Lorsqu’un événement extraordinairement violent survient, nous ne disposons pas du temps nécessaire pour l’analyser. Nous sommes sidérés. Nous regardons.
Et pendant que nous regardons, quelqu’un parle.
Le 11 septembre 2001, des centaines de millions de personnes ont vu pratiquement simultanément les mêmes images : un avion pénétrant dans une tour, puis un second ; des incendies ; des silhouettes aux fenêtres ; l’effondrement des tours ; Manhattan recouvert de poussière.
La télévision mondiale n’a pas seulement montré ces images.
Elle les a commentées en direct.
C’est ici que Meyssan situe l’un des mécanismes fondamentaux de la propagande : fournir l’interprétation d’un événement au moment même où le spectateur le découvre.
Autrement dit : avant même que nous ayons eu le temps de nous demander ce que nous voyons, quelqu’un nous explique ce que nous devons voir.
Donner au spectateur l’interprétation des images jusqu’à ce qu’il n’observe plus réellement ce qu’elles montrent.
Voilà probablement le cœur intellectuel de cette émission.
Et il dépasse très largement le 11-Septembre.
Revenir à la journée elle-même
Pour démontrer sa thèse, Thierry Meyssan entreprend de reconstruire chronologiquement le 11 septembre 2001.
Il commence avant même les attentats.
Il évoque notamment d’importantes opérations spéculatives réalisées dans les jours précédents sur certaines compagnies aériennes qui allaient être frappées par la catastrophe. Il considère ces mouvements comme le signe possible que certaines personnes disposaient d’informations préalables.
Il revient ensuite sur les exercices militaires qui se déroulaient aux États-Unis le même jour et qui mobilisaient le dispositif de défense aérienne nord-américain. Pour Meyssan, la coïncidence entre un exercice simulant des scénarios de crise aérienne et la réalisation d’attentats réels constitue un élément essentiel du dossier.
Puis viennent les avions.
Les tours.
Le Pentagone.
Le vol 93.
Les évacuations.
La fermeture de l’espace aérien.
Et l’effondrement du World Trade Center.
À mesure que Meyssan déroule cette chronologie, son raisonnement apparaît : il ne cherche pas seulement une anomalie spectaculaire susceptible de renverser toute l’histoire.
Il accumule les éléments qu’il considère comme incompatibles avec le récit communément admis.
C’est à partir de leur mise en relation qu’il bâtit sa propre interprétation.
Les tours : le point de rupture
L’effondrement des tours jumelles demeure évidemment l’un des sujets les plus controversés de toute la littérature alternative consacrée au 11-Septembre.
Thierry Meyssan affirme que leur manière de s’effondrer évoque une démolition contrôlée. Il s’appuie notamment sur des témoignages de pompiers ayant rapporté des explosions ainsi que sur certaines images montrant ce qu’il interprète comme des expulsions latérales de matériaux.
Il va plus loin encore en évoquant des hypothèses relatives à l’utilisation de technologies militaires capables d’expliquer, selon lui, l’ampleur de la pulvérisation des matériaux.
Nous entrons ici dans une zone où il faut distinguer très clairement l’hypothèse défendue par l’invité des conclusions des investigations techniques disponibles.
Le National Institute of Standards and Technology américain — le NIST — a conclu après plusieurs années d’enquête que les dommages provoqués par les impacts des avions, la destruction d’une partie des protections thermiques et les incendies avaient progressivement affaibli les structures jusqu’au déclenchement des effondrements.
Le NIST affirme également n’avoir trouvé aucun élément corroborant l’hypothèse d’une démolition contrôlée.
Cela ne signifie évidemment pas qu’une institution publique doive être considérée comme infaillible par principe.
Mais une démarche critique cohérente impose une règle assez rustique : contester une démonstration exige davantage que constater qu’on ne lui fait pas confiance.
Il faut lui opposer des éléments capables d’expliquer mieux les observations.
Sinon nous ne remplaçons pas une vérité officielle par une enquête.
Nous remplaçons simplement une certitude par une autre.
Et puis il y a la tour 7
Le World Trade Center 7 constitue depuis vingt-cinq ans l’un des éléments les plus troublants pour une partie du public.
Ce bâtiment de 47 étages ne fut frappé par aucun avion et s’effondra en fin d’après-midi.
Pour Meyssan, son effondrement pratiquement vertical constitue une preuve supplémentaire qu’un processus de démolition avait été préparé.
Le NIST arrive à une conclusion opposée.
Son enquête sur le World Trade Center 7 attribue l’effondrement à des incendies incontrôlés sur plusieurs étages, déclenchés après les dégâts provoqués par les débris de la tour nord. La dilatation thermique aurait entraîné la défaillance d’une poutre puis d’une colonne critique, avant une réaction structurelle en chaîne.
Le NIST affirme également n’avoir trouvé aucun élément montrant l’utilisation d’explosifs.
Deux lectures radicalement différentes existent donc ici.
Et c’est précisément dans cet espace inconfortable que le travail intellectuel devrait commencer.
Pas dans le réflexe consistant à croire automatiquement l’institution.
Pas davantage dans celui consistant à croire automatiquement celui qui la conteste.
Le Pentagone : la thèse fondatrice de Thierry Meyssan
C’est probablement la partie la plus célèbre de son travail.
Dans L’Effroyable Imposture, publié quelques mois après les attentats, Thierry Meyssan affirme qu’un Boeing 757 n’a pas pu provoquer les dégâts observés sur le Pentagone.
Dans cette émission, il reprend cette argumentation.
Dimensions de l’ouverture initiale, état de la façade, trajectoire supposée de l’appareil, absence selon lui de débris immédiatement reconnaissables : il considère que l’hypothèse d’un avion de ligne ne correspond pas aux premières photographies disponibles.
Il évoque finalement une autre hypothèse : celle d’un missile.
Cette affirmation se heurte frontalement aux conclusions de l’enquête américaine.
Le FBI identifie American Airlines 77 comme l’appareil ayant frappé le Pentagone et dispose notamment de témoignages directs d’agents ayant vu l’avion s’écraser. Les investigations attribuent le détournement du vol à cinq hommes identifiés à bord.
La Commission nationale sur les attentats du 11-Septembre décrit également leur passage à l’enregistrement et aux contrôles de sécurité de l’aéroport de Dulles avant leur embarquement sur le vol 77.
Meyssan conteste précisément cette reconstruction.
C’est donc moins une « zone d’ombre » marginale qu’un désaccord fondamental portant sur la nature même de l’événement.
Quand le pouvoir disparaît
Mais la partie la plus singulière de son raisonnement se situe peut-être ailleurs.
Pendant quelques heures, le 11 septembre, l’appareil politique américain fonctionne sous les procédures exceptionnelles prévues pour assurer la continuité de l’État en situation de catastrophe majeure.
George W. Bush est déplacé de base militaire en base militaire.
Dick Cheney se retrouve dans le centre opérationnel d’urgence de la Maison-Blanche.
Des responsables politiques sont évacués.
Le Congrès est protégé.
L’espace aérien est fermé.
Pour Meyssan, ce moment est essentiel.
Il considère que l’activation des procédures de continuité gouvernementale signifie qu’un autre centre de pouvoir a temporairement pris le contrôle de l’État américain.
Et c’est là qu’apparaît sa thèse la plus ambitieuse.
Le 11-Septembre aurait été, selon Thierry Meyssan, une forme de coup d’État.
Pas un coup d’État classique.
Pas de chars devant la Maison-Blanche.
Pas de général apparaissant à la télévision avec des lunettes noires et une collection de médailles suffisamment vaste pour réfléchir le soleil.
Quelque chose de plus subtil.
Le président resterait formellement président, mais son pouvoir réel aurait été encadré par un appareil permanent capable d’imposer une nouvelle orientation stratégique.
C’est une thèse considérable.
Et précisément parce qu’elle est considérable, elle nécessiterait une démonstration documentaire considérable elle aussi.
L’existence de dispositifs extraordinaires de continuité gouvernementale ne prouve pas, à elle seule, l’existence d’un coup d’État.
Elle pose néanmoins une question intéressante : que devient réellement le pouvoir démocratique lorsqu’un État passe en mode d’urgence absolue ?
Cette interrogation-là demeure parfaitement légitime.
Et terriblement contemporaine.
Quand l’urgence fabrique de nouvelles lois
Le 11-Septembre ne s’arrête évidemment pas le 11 septembre.
Quelques semaines plus tard, les États-Unis adoptent le Patriot Act.
Thierry Meyssan insiste sur la rapidité avec laquelle cet énorme ensemble législatif a été adopté et rappelle que différentes dispositions sécuritaires existaient déjà sous forme de projets avant les attentats.
Là encore, le phénomène dépasse largement la recherche du « véritable commanditaire ».
Une crise extraordinaire produit une fenêtre politique extraordinaire.
Ce qui aurait été difficilement acceptable quelques mois auparavant devient soudain nécessaire.
- Surveillance.
- Secret.
- Pouvoirs policiers.
- Interceptions.
- Détentions.
- Réduction de certaines garanties judiciaires.
Une démocratie n’abandonne généralement pas ses libertés parce qu’elle décide soudain qu’elle les trouve encombrantes.
Elle les abandonne parce qu’elle a peur.
Et la peur possède cette étrange propriété politique : elle raccourcit considérablement les débats.
Du 11-Septembre à la « guerre contre le terrorisme »
C’est ici que l’analyse de Meyssan retrouve un terrain historique beaucoup plus solide.
Les attentats ont fourni la matrice politique de la « guerre contre le terrorisme ».
L’Afghanistan est envahi dès octobre 2001.
Puis vient l’Irak.
Puis un bouleversement durable des doctrines militaires, de la surveillance, du renseignement et des relations internationales.
Meyssan insiste sur cette conséquence : dès lors que la population accepte une certaine interprétation du 11-Septembre, elle accepte plus facilement les guerres présentées comme ses conséquences.
Et nous savons aujourd’hui qu’au moins une partie du discours ayant servi à légitimer l’invasion de l’Irak reposait sur des affirmations fausses concernant les armes de destruction massive.
Cela devrait suffire à rappeler une évidence que nos démocraties ont parfois tendance à oublier :
La propagande n’est pas exclusivement une spécialité des régimes que nous n’aimons pas.
Les démocraties aussi produisent du récit.
Les gouvernements aussi sélectionnent des faits.
Les services de renseignement aussi se trompent, orientent ou instrumentalisent.
Les médias aussi peuvent devenir les amplificateurs d’une conviction collective qu’ils n’ont pas eux-mêmes vérifiée.
Israël, Ariel Sharon et une zone particulièrement sensible
Thierry Meyssan consacre également une partie importante de son exposé à Israël.
Il revient notamment sur l’intervention publique du Premier ministre Ariel Sharon dans les heures suivant les attentats et considère que celui-ci comprend immédiatement l’intérêt stratégique qu’Israël peut tirer de l’assimilation de l’attaque contre les États-Unis à son propre combat contre des organisations arabes ou palestiniennes.
Il évoque également plusieurs épisodes et témoignages qu’il interprète comme des indices d’une connaissance préalable de certains événements par des acteurs israéliens.
C’est probablement la partie de l’entretien qui réclame le plus de prudence.
Car il existe une différence immense entre démontrer qu’un État exploite politiquement un événement et démontrer qu’il en connaissait préalablement la préparation, voire qu’il aurait participé à son organisation.
La première proposition appartient à l’analyse géopolitique.
La seconde nécessite des preuves autrement plus lourdes.
Les éléments présentés dans cette émission ne suffisent pas, à eux seuls, à établir une implication israélienne dans les attentats.
Et Thierry Meyssan précise d’ailleurs lui-même qu’il ne présente pas Ariel Sharon comme l’organisateur de l’opération.
Ce distinguo est essentiel.
Sans lui, la critique géopolitique peut rapidement dégénérer en récit totalisant où chaque coïncidence devient confirmation de la précédente.
Et lorsqu’une théorie devient capable d’expliquer absolument tout, il faut parfois commencer à se demander si elle explique encore quelque chose.
Donald Trump, l’opposant solitaire ?
Autre moment spectaculaire de l’entretien : Thierry Meyssan revient sur une intervention télévisée de Donald Trump le jour même des attentats.
Promoteur immobilier new-yorkais à l’époque, Trump met publiquement en doute certaines explications relatives à la destruction des tours.
Meyssan lui attribue une importance politique considérable.
Il va jusqu’à établir un lien direct entre cette prise de position et l’élection de Donald Trump quinze ans plus tard.
Là encore, le raccourci est vertigineux.
Que Trump ait exprimé très tôt des doutes sur certains aspects de l’effondrement est une chose.
Affirmer que son élection de 2016 s’expliquerait principalement par cette intervention en est une autre — et l’émission n’apporte pas les éléments permettant de démontrer une causalité aussi massive.
Mais ce passage révèle quelque chose d’intéressant dans la méthode de Meyssan.
Il ne raconte pas seulement les faits.
Il cherche derrière eux une architecture.
Une continuité.
Des forces historiques invisibles reliant 2001 à 2016, puis à notre époque.
C’est à la fois la force et le danger de cette forme de pensée.
Voir des liens que les autres ne voient pas peut permettre de comprendre le monde.
En voir partout peut également finir par fabriquer un monde parfaitement cohérent… mais uniquement à l’intérieur de notre propre modèle.
Le problème n’est peut-être pas de croire ou de ne pas croire
C’est ici que cette émission devient véritablement intéressante pour Mat et le Web.
Car la question que pose le 11-Septembre n’est peut-être plus :
« Croyez-vous la version officielle ? »
Cette formulation est presque devenue stérile.
Elle transforme immédiatement la discussion en deux camps.
D’un côté, ceux qui « croient ».
De l’autre, ceux qui « savent qu’on leur ment ».
Et chacun finit par regarder l’autre comme une forme légèrement déficiente de l’espèce humaine.
Or l’esprit critique commence peut-être précisément lorsque nous refusons cette alternative.
Une institution peut mentir.
Un gouvernement peut manipuler.
Un journaliste peut répéter une information fausse.
Un service de renseignement peut fabriquer une justification.
Mais quelqu’un qui dénonce un mensonge peut également se tromper.
Un dissident peut construire une théorie fragile.
Un témoin peut mal se souvenir.
Une anomalie peut n’être qu’une anomalie.
Et une question légitime n’est pas automatiquement une preuve.
Voilà peut-être la discipline intellectuelle la plus difficile à tenir :
Douter aussi de ce qui confirme nos propres doutes.
Le pouvoir de la première histoire
Thierry Meyssan touche cependant quelque chose de fondamental lorsqu’il parle du rôle des médias en temps réel.
Nous le constatons désormais à chaque crise.
Une guerre commence.
Une explosion survient.
Un attentat frappe.
Une vidéo apparaît.
Et immédiatement une histoire se constitue.
Avant l’enquête.
Avant les expertises.
Avant les archives.
Avant que quiconque puisse sérieusement savoir.
Nos sociétés disposent désormais d’une extraordinaire capacité à enregistrer le réel tout en ayant de moins en moins de temps pour le comprendre.
Nous voyons tout.
Mais nous voyons souvent à travers le commentaire de quelqu’un d’autre.
Le premier récit bénéficie ensuite d’un avantage considérable : tous les éléments nouveaux seront évalués à partir de lui.
Ce qui le confirme semblera naturel.
Ce qui le contredit semblera suspect.
Voilà pourquoi le premier récit d’une crise est un enjeu de pouvoir.
Non parce qu’il serait nécessairement faux.
Mais parce qu’il devient la grille à travers laquelle nous interpréterons tout ce qui suivra.
Vingt-cinq ans plus tard, que reste-t-il du 11-Septembre ?
Des images, évidemment.
Nous les connaissons presque toutes.
L’avion surgissant derrière les immeubles.
La boule de feu.
Les silhouettes aux fenêtres.
La poussière avançant dans les rues de Manhattan.
George W. Bush dans une école de Floride.
Le Pentagone en flammes.
Mais derrière ces images subsiste quelque chose de beaucoup plus vaste.
- Le monde politique né après elles.
- La guerre contre le terrorisme.
- L’Afghanistan.
- L’Irak.
- Guantánamo.
- La surveillance de masse.
- Le renforcement des services de renseignement.
- La généralisation des dispositifs sécuritaires.
Et surtout cette idée devenue presque naturelle qu’un événement extraordinaire peut justifier des pouvoirs extraordinaires.
C’est peut-être cela qu’il faut continuer d’interroger.
Non parce qu’il faudrait nécessairement adopter l’intégralité du récit alternatif proposé par Thierry Meyssan.
Mais parce qu’une démocratie réellement adulte devrait pouvoir examiner les récits sur lesquels elle a construit son histoire sans considérer toute question comme une menace.
Regarder encore
Il existe une phrase implicite derrière toute cette émission :
Regardez encore.
Regardez les images.
Regardez les dates.
Regardez les décisions prises après.
Regardez ceux qui en ont profité politiquement.
Regardez les contradictions.
Mais ajoutons peut-être une deuxième phrase.
Regardez aussi celui qui vous demande de regarder.
Ses sources.
Ses raccourcis.
Ses convictions.
Ses hypothèses.
Ses propres angles morts.
Car la propagande commence précisément lorsque quelqu’un nous demande de ne plus exercer cette vigilance.
Qu’il travaille dans un ministère, une rédaction, une agence de renseignement…
ou qu’il prétende justement nous libérer de leur récit.
Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, la question la plus féconde n’est peut-être donc pas de savoir à quel récit nous devons définitivement adhérer.
Elle est beaucoup plus exigeante :
Sommes-nous encore capables de regarder un événement sans confier immédiatement à quelqu’un d’autre le soin de penser à notre place ?
