MAT ET LE WEB — OBSERVATOIRE INCARNÉ DU WEB

The Agenda : Agenda 2030, technocratie et prison numérique — le futur est-il déjà en train de s’installer ?

Surveillance généralisée, intelligence artificielle, identité numérique, monnaie numérique, neutralité carbone, agriculture, santé, médias, éducation, transhumanisme… Le documentaire The Agenda: Their Vision | Your Future relie tous ces sujets autour d’une même hypothèse : derrière des politiques présentées séparément se dessinerait progressivement une nouvelle architecture du pouvoir. Une société où l’on ne se contenterait plus de gouverner les citoyens, mais où l’on pourrait administrer directement leurs comportements.

Il faut parfois regarder plusieurs arbres avant de comprendre qu’ils appartiennent à la même forêt.

C’est précisément la méthode employée par The Agenda: Their Vision | Your Future. Le documentaire indépendant produit par Mark Sharman, ancien responsable de la télévision britannique chez ITV et Sky, ne s’intéresse pas à une décision politique particulière. Il tente de dessiner une architecture générale.

Au centre de cette architecture : la technocratie.

Autour d’elle gravitent l’ONU, le Forum économique mondial, l’OMS, les banques centrales, les grandes sociétés financières, les multinationales technologiques, les politiques climatiques, les infrastructures numériques et les nouveaux outils de surveillance.

La thèse du film est redoutablement simple : les technologies nécessaires à une société de contrôle qui relevaient encore de la science-fiction au XXe siècle existent désormais.

Reste une question autrement plus difficile :

Le fait que ces outils existent signifie-t-il qu’un système cohérent est réellement en train de se construire ?

Huxley n’est plus très loin

Le documentaire commence avec Aldous Huxley.

Ce n’est évidemment pas innocent.

Dans Le Meilleur des mondes, l’auteur britannique imaginait une société dans laquelle la domination ne repose plus principalement sur la violence. Les individus sont conditionnés, divertis, médicalisés, organisés et finalement intégrés à un système qu’ils n’éprouvent presque plus le besoin de contester.

Le film rappelle cette intuition : le danger n’apparaît pas nécessairement lorsque la technologie devient hostile à l’homme.

Il apparaît lorsque l’homme devient progressivement subordonné aux systèmes qu’il a lui-même créés.

Et depuis Huxley, quelques outils se sont ajoutés à la boîte.

  • Reconnaissance faciale.
  • Smartphones.
  • Intelligence artificielle.
  • Objets connectés.
  • Données biométriques.
  • Monnaies numériques.
  • Capteurs urbains.
  • Algorithmes prédictifs.

Pris séparément, chacun possède son utilité.

Assemblés, ils peuvent également devenir autre chose.

Le vieux rêve technocratique rencontre enfin les bons outils

The Agenda revient sur un mouvement apparu aux États-Unis dans les années 1930 : la technocratie.

Son principe était de remplacer une partie du fonctionnement politique et économique traditionnel par une gestion scientifique de la société confiée à des ingénieurs, des experts et des techniciens.

Le documentaire reprend une définition particulièrement éclairante : la technocratie serait une forme d’« ingénierie sociale » appliquée à l’ensemble du mécanisme économique et social.

À première vue, la promesse peut sembler raisonnable.

Qui préférerait un incompétent à un ingénieur pour gérer un réseau électrique ?

Le problème commence lorsque la logique s’étend.

Car une société n’est pas une centrale électrique.

Un être humain n’est pas un flux énergétique.

Et la démocratie est précisément ce système un peu chaotique — parfois désespérément chaotique — par lequel nous avons décidé que l’efficacité ne devait pas constituer la seule mesure d’une civilisation.

Pour le documentaire, le vieux projet technocratique aurait aujourd’hui trouvé ce qui lui manquait : la capacité technique de mesurer presque tout.

Et ce qui peut être mesuré peut être classé.

Ce qui peut être classé peut être conditionné.

Ce qui peut être conditionné peut finir par être contrôlé.

Quand l’argent peut devenir une autorisation

C’est probablement la partie la plus intéressante du film.

Car la monnaie constitue encore aujourd’hui un étrange espace de liberté.

Un billet de vingt euros ignore vos opinions politiques, votre consommation électrique, votre régime alimentaire ou la distance parcourue en voiture.

Il est remarquablement stupide.

Et cette stupidité possède quelques vertus.

Une monnaie entièrement numérique pourrait théoriquement fonctionner autrement.

Le documentaire consacre donc une longue séquence aux monnaies numériques de banques centrales, les CBDC.

Certains intervenants imaginent un système dans lequel une monnaie pourrait être associée à des règles : bénéficiaire déterminé, durée de validité, catégorie d’achat, localisation ou comportement.

Le film pousse le raisonnement jusqu’au crédit carbone individuel : déplacements, alimentation ou consommation énergétique pourraient alors être incorporés dans un même système numérique.

Il faut toutefois distinguer ici possibilité technique et projet institutionnel actuel.

Dans le cas européen, la Banque centrale européenne affirme explicitement que le futur euro numérique ne devra pas être une monnaie programmable, c’est-à-dire que son utilisation ne pourra pas être limitée par la BCE à certains produits, certaines personnes ou certaines zones géographiques.

Consulter les explications de la Banque centrale européenne sur l’euro numérique.

Cela ne rend pas la question posée par The Agenda absurde.

Cela la déplace.

Quelles garanties juridiques empêcheront demain ce qu’une infrastructure technique rendrait éventuellement possible ?

Un régime politique ne se juge pas uniquement aux intentions de ceux qui construisent ses outils.

Il se juge aussi à ce qu’un pouvoir moins bienveillant pourrait en faire.

Identité numérique : la clé qui ouvre aussi la porte

À la monnaie numérique s’ajoute l’autre élément central du documentaire : l’identité numérique.

Là encore, le principe peut sembler pratique.

Prouver son identité en ligne, accéder aux services publics, signer un document ou voyager plus facilement n’a rien de particulièrement totalitaire.

Le problème apparaît lorsque l’identité devient la clé obligatoire permettant d’accéder à un nombre croissant d’activités.

Le documentaire évoque alors reconnaissance faciale, géolocalisation, véhicules connectés, compteurs intelligents, smartphones, caméras urbaines ou objets domestiques connectés.

Autrement dit : un environnement dans lequel nous ne serions plus simplement entourés d’ordinateurs.

Nous vivrions à l’intérieur d’un ordinateur.

Chaque déplacement devient une donnée.

Chaque achat devient une donnée.

Chaque interaction devient une donnée.

Et un monde de données ouvre naturellement la voie au monde des algorithmes.

Le film décrit cette évolution comme le passage d’un pouvoir analytique à un pouvoir prédictif, puis potentiellement prescriptif : non plus seulement observer ce que fait une population, mais anticiper ses comportements et éventuellement modifier l’environnement dans lequel elle prend ses décisions.

Nous connaissons déjà la version commerciale de cette logique.

Elle s’appelle publicité ciblée.

Il serait naïf d’imaginer qu’elle s’arrêtera nécessairement devant la porte du politique.

Agenda 2030 : projet de développement ou matrice de gouvernance ?

Le documentaire arrive ensuite sur son sujet le plus explosif : l’Agenda 2030 des Nations unies.

Les 17 Objectifs de développement durable proposent notamment de réduire la pauvreté, améliorer la santé, préserver les écosystèmes, développer l’éducation, réduire les inégalités ou lutter contre le changement climatique.

Pris séparément, difficile de descendre dans la rue avec une pancarte :

« À bas l’eau potable et l’éducation ! »

Le problème soulevé par The Agenda se situe ailleurs.

Il concerne la manière dont ces objectifs peuvent se traduire en politiques publiques et surtout l’influence acquise par des organismes supranationaux, ONG, fondations privées, multinationales et grands acteurs financiers dans leur définition et leur mise en œuvre.

Le documentaire y voit un glissement progressif :

Du politique vers la gouvernance.

Or la gouvernance possède une particularité remarquable : tout le monde participe, mais il devient parfois difficile de déterminer qui décide réellement.

Il faut néanmoins rappeler un élément important : les Objectifs de développement durable de l’ONU ne sont pas juridiquement contraignants. Les États sont censés définir eux-mêmes leurs politiques nationales pour les atteindre.

Consulter les Objectifs de développement durable des Nations unies.

C’est précisément là que le débat devient intéressant.

Le danger éventuel ne serait donc pas celui d’un « gouvernement mondial » décrétant directement la conduite des citoyens depuis New York.

Il pourrait être beaucoup plus diffus : normes techniques, financements, partenariats publics-privés, critères d’investissement, engagements internationaux, réglementations nationales et politiques locales convergeant progressivement dans une direction commune.

Pas nécessairement un chef d’orchestre caché dans une cave.

Peut-être simplement un très grand orchestre dont tous les musiciens ont appris la même partition.

« Vous ne posséderez rien » : slogan ou programme ?

Le film revient évidemment sur la formule devenue célèbre :

« Vous ne posséderez rien et vous serez heureux. »

Elle est souvent présentée comme l’aveu d’un projet du Forum économique mondial.

La réalité est plus subtile.

Le Forum économique mondial a effectivement diffusé en 2016-2017 un exercice prospectif imaginant le monde de 2030 et renvoyait vers un texte intitulé Welcome to 2030. I own nothing, have no privacy, and life has never been better. Mais il s’agissait d’un scénario prospectif, pas d’un programme politique juridiquement adopté par le Forum.

Cela n’interdit évidemment pas de s’interroger sur la vision du monde que révèle ce type de prospective.

Mais les mots comptent.

Un scénario n’est pas une loi.

Une hypothèse n’est pas un décret.

Et la critique gagne rarement à gonfler ses preuves : les faits correctement établis sont généralement assez encombrants par eux-mêmes.

Le climat : là où le documentaire devient beaucoup plus contestable

Le cœur politique de The Agenda repose en grande partie sur les politiques climatiques et l’objectif Net Zero.

Plusieurs intervenants du documentaire contestent fortement la gravité du réchauffement d’origine humaine et accusent les modèles climatiques et les institutions internationales d’entretenir un récit catastrophiste.

Le climatologue américain John Christy, notamment, défend dans le film une lecture très différente de celle qui domine aujourd’hui dans les institutions scientifiques.

C’est probablement la partie sur laquelle il faut conserver le plus de distance.

Le GIEC conclut que l’influence humaine a sans équivoque provoqué le réchauffement climatique observé, principalement par les émissions de gaz à effet de serre.

Consulter le rapport de synthèse du sixième rapport du GIEC.

On peut critiquer le fonctionnement du GIEC.

On peut discuter des modèles.

On peut interroger les politiques choisies.

On peut débattre des coûts économiques et sociaux du Net Zero.

On peut dénoncer les intérêts financiers qui se greffent sur la transition énergétique.

Mais cela ne suffit pas à démontrer que le changement climatique anthropique serait une invention.

Et, curieusement, le film n’a pas besoin de cette démonstration pour poser ses meilleures questions.

Car même si le changement climatique est réel, une autre question demeure : qui décide de la manière dont nous devons y répondre ?

Sauver le climat… mais à quel prix écologique ?

C’est ici que le documentaire retrouve un terrain beaucoup plus concret.

Il montre des habitants britanniques confrontés à des projets d’éoliennes géantes et décrit les infrastructures nécessaires : routes, fondations, béton, acier, réseaux électriques.

Il évoque également les mines nécessaires aux batteries, le cobalt, le lithium, les panneaux photovoltaïques installés sur des terres agricoles et l’intermittence des énergies renouvelables.

Le paradoxe mérite effectivement réflexion.

Nous pouvons parfaitement vouloir sortir d’un modèle destructeur tout en nous demandant si sa solution consiste réellement à industrialiser davantage les paysages.

Une montagne couverte de béton reste une montagne couverte de béton, même lorsque le béton possède une brochure verte.

Le documentaire insiste également sur les conséquences économiques du Net Zero : coût de l’énergie, désindustrialisation européenne, dépendance envers la Chine et nécessité éventuelle de gérer la demande lorsque la production devient intermittente.

Sur ce terrain, le débat ne devrait pas opposer « climatosceptiques » et « défenseurs de la planète ».

La vraie question est peut-être beaucoup plus prosaïque : quelle transition énergétique fonctionne réellement, pour qui, à quel coût et avec quelles conséquences environnementales ?

Après l’énergie, la nourriture

Puis The Agenda se tourne vers l’agriculture.

Et la question devient immédiatement plus sensible.

Le film suit plusieurs agriculteurs britanniques confrontés aux normes environnementales, aux mécanismes de compensation carbone, à la pression foncière et aux transformations du secteur agricole.

Le documentaire relie cette évolution au développement de la viande cultivée, des aliments industriels, des biotechnologies et à l’investissement massif de grandes fortunes dans les nouvelles technologies alimentaires.

Sa conclusion est radicale : derrière la transition écologique se préparerait une centralisation industrielle de l’alimentation.

Cette conclusion n’est pas démontrée par la seule existence de ces investissements.

Mais la concentration économique de l’agriculture et de l’industrie alimentaire constitue, elle, une question très concrète.

Car celui qui contrôle l’alimentation possède un pouvoir autrement plus sérieux que celui qui contrôle nos préférences sur Netflix.

Jusqu’à quel point peut-on perdre notre autonomie agricole avant de perdre également une partie de notre autonomie politique ?

Le Covid comme répétition générale ?

Le documentaire revient inévitablement sur la période Covid.

Plusieurs intervenants interprètent les confinements, les campagnes de communication gouvernementales et le rôle de l’OMS comme la démonstration grandeur nature de mécanismes de contrôle qui pourraient être réutilisés.

Le film parle d’isolement, de peur, d’incitations comportementales et de centralisation de la décision.

Là encore, deux niveaux doivent être distingués.

Affirmer que la pandémie aurait été délibérément organisée comme opération mondiale de contrôle demande des preuves extraordinairement solides.

En revanche, constater que des gouvernements démocratiques ont pu, en quelques semaines, restreindre massivement la circulation, fermer des commerces, modifier les règles sociales et utiliser des dispositifs numériques de contrôle est simplement un fait historique.

La bonne question n’est donc peut-être pas :

« Tout était-il planifié ? »

Mais :

« Qu’avons-nous appris sur la facilité avec laquelle une société peut accepter l’exception lorsque la peur devient suffisamment forte ? »

Cette question-là survivra longtemps au Covid.

Médias : lorsque convaincre devient une politique

La dernière partie du documentaire s’intéresse aux médias.

Le film évoque notamment des organisations réunissant médias et acteurs engagés dans la lutte climatique, ainsi que des programmes destinés à intégrer les enjeux environnementaux dans les contenus audiovisuels.

Il y voit la constitution progressive d’un récit dans lequel certains sujets ne seraient plus considérés comme matière à débat mais comme des vérités nécessitant une mobilisation collective.

Nous retrouvons ici une vieille difficulté du journalisme.

Informer implique nécessairement de sélectionner.

Mais lorsqu’un média considère qu’une cause est trop importante pour être simplement observée, il cesse progressivement d’être spectateur pour devenir acteur.

Cela peut partir des meilleures intentions du monde.

Les meilleures intentions ont d’ailleurs une remarquable carrière dans l’histoire politique.

Le danger apparaît lorsque le journaliste ne cherche plus seulement à comprendre ce que pense le public, mais commence à se demander comment le faire penser correctement.

L’école et la bataille pour les esprits

Le documentaire poursuit ce raisonnement jusqu’à l’éducation.

Climat, santé, identité, sexualité, développement durable : pour les auteurs du film, l’école deviendrait progressivement le lieu où certains consensus politiques et culturels sont transmis avant même que les enfants disposent des outils nécessaires pour les questionner.

Cette partie du documentaire mélange des sujets très différents et mériterait certainement plusieurs enquêtes séparées.

Mais elle touche à quelque chose d’essentiel.

Le rôle de l’école est-il d’apprendre aux enfants quoi penser ? Ou de leur apprendre comment penser ?

Une société sûre d’elle-même devrait normalement préférer la deuxième solution.

Même au risque que les enfants finissent par poser des questions embarrassantes.

Surtout à ce risque.

Et finalement, le transhumanisme

Au terme de ce long voyage, The Agenda revient vers Huxley.

Intelligence artificielle, métavers, biologie synthétique, interfaces cerveau-machine, modification du vivant : le documentaire voit dans le transhumanisme la dernière étape logique de la technocratie.

Après avoir numérisé nos activités, il deviendrait possible de numériser toujours davantage l’être humain lui-même.

Le film oppose alors deux visions.

Dans la première, l’être humain est imparfait, imprévisible, créatif, libre et précisément précieux parce qu’il échappe toujours partiellement aux systèmes.

Dans la seconde, il devient une variable biologique qu’il faudrait optimiser, corriger et intégrer à une organisation plus efficace.

Le documentaire choisit évidemment son camp.

Et sa conclusion est probablement beaucoup plus intéressante que certaines de ses démonstrations.

Il appelle à défendre les libertés individuelles, à réduire notre dépendance excessive à la technologie, à retrouver notre capacité créative et à continuer de parler même lorsque la parole devient inconfortable.

Ce que le film démontre, ce qu’il suggère et ce qu’il extrapole

Pour prendre The Agenda au sérieux, il faut paradoxalement résister à la tentation de tout accepter.

Le documentaire rassemble trois niveaux d’analyse qui ne doivent pas être confondus.

1. Les infrastructures existent

Reconnaissance faciale, intelligence artificielle, monnaies numériques expérimentales, identité numérique, objets connectés, collecte massive de données, algorithmes prédictifs, partenariats publics-privés et gouvernance supranationale sont des réalités.

2. La centralisation du pouvoir mérite d’être interrogée

Lorsque quelques acteurs financiers, technologiques ou institutionnels disposent d’une capacité d’influence considérable sur des gouvernements, des médias ou des infrastructures essentielles, la question démocratique devient légitime.

3. L’existence d’un projet unique et parfaitement coordonné reste une interprétation

Relier toutes ces évolutions à un plan homogène visant consciemment à réduire la population, abolir la propriété et emprisonner numériquement l’humanité demande davantage que de constater des convergences.

Et c’est précisément là que l’esprit critique doit travailler dans les deux directions.

Il serait naïf de croire que les puissants ne cherchent jamais à augmenter leur pouvoir.

Il serait tout aussi naïf de considérer que toute évolution simultanée prouve nécessairement l’existence d’un commandement central.

Entre l’innocence et la paranoïa existe heureusement un territoire immense.

C’est celui de l’enquête.

La véritable question : pouvons-nous encore dire non ?

Après plus d’une heure et demie d’ONU, de Forum économique mondial, de banques centrales, d’intelligence artificielle, de climat, de Covid, d’agriculture et de transhumanisme, quelque chose demeure.

Une question très simple.

Dans la société numérique qui se construit, quelle place restera-t-il au refus ?

  • Pourrons-nous refuser une identité numérique ?
  • Payer autrement ?
  • Vivre hors d’un réseau connecté ?
  • Cultiver notre propre nourriture ?
  • Choisir l’anonymat ?
  • Utiliser du liquide ?
  • Voyager sans être tracés ?
  • Exprimer une opinion minoritaire sans devenir automatiquement suspects ?

Ce sont finalement ces questions qui importent davantage que l’existence éventuelle d’un mystérieux comité dirigeant le monde depuis une salle sans fenêtres.

La liberté ne disparaît pas toujours avec des chars dans les rues.

Elle peut disparaître beaucoup plus élégamment.

Une application après l’autre.

Une réglementation après l’autre.

Une condition d’utilisation après l’autre.

Toujours pour notre confort.

Toujours pour notre sécurité.

Toujours avec un bouton « J’accepte ».

Et lorsque tout fonctionne parfaitement, il devient parfois très difficile de se souvenir qu’une autre manière de vivre était possible.

La dernière phrase importante de The Agenda pourrait alors servir de boussole :

« La vérité est l’arme des gens libres. »

Encore faut-il accepter une exigence supplémentaire.

Chercher cette vérité même lorsqu’elle contredit ceux que nous avions envie de croire.

C’est peut-être cela, finalement, mater le Web pour regarder le monde autrement.


Pour aller plus loin

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